Comme chaque année, nous allons aborder le harcèlement scolaire à l'occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement. C'est un sujet que je trouve essentiel, mais pas toujours facile à traiter. J’ai envie de leur donner des repères pour comprendre ce qui se joue, leur montrer qu’ils peuvent agir et leur rappeler qu’ils ne doivent jamais rester seuls face à une situation qui les inquiète.
Comment parler du harcèlement scolaire avec des élèves de CE2, CM1 ou CM2 ? Comment les aider à repérer une situation préoccupante, à comprendre le rôle des témoins et à savoir vers qui se tourner ?
Un album jeunesse, une affiche réalisée ensemble, des situations fictives à discuter peuvent aider les élèves à réfléchir et à libérer la parole.
Le programme pHARe à l’école primaire
Avant de présenter les pistes que j’aimerais proposer en classe, je trouve important de rappeler le cadre dans lequel s’inscrit la prévention du harcèlement. Le programme pHARe est le dispositif national de prévention et de traitement du harcèlement scolaire mis en place par l’Éducation nationale.
Il prévoit notamment des actions de sensibilisation, la formation des personnels, l’association des familles ainsi qu’un protocole pour prendre en charge les situations signalées.
La prévention ne se limite donc pas à la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée en novembre : elle se construit tout au long de l’année.
Les activités proposées dans cet article peuvent contribuer aux apprentissages, notamment en enseignement moral et civique. Elles ne remplacent toutefois ni les actions institutionnelles obligatoires ni les démarches de protection à mettre en place lorsqu’un enfant est en difficulté.
Poser un cadre rassurant et comprendre le harcèlement scolaire avant de commencer
Avant d’aborder le sujet avec les élèves, je trouve important de rappeler que toutes les disputes entre enfants ne relèvent pas du harcèlement. En revanche, toute violence mérite d’être prise au sérieux et accompagnée.Je vais leur rappeler quelques règles importantes : chacun a le droit de s’exprimer, mais personne n’est obligé de raconter une situation personnelle. Nous écouterons les idées de chacun sans nous moquer, sans citer de noms et sans chercher à désigner un élève de la classe.
Pour faciliter les échanges, je vais m’appuyer sur un album jeunesse, une courte vidéo et des situations fictives. Cela permettra à mes élèves de réfléchir ensemble sans exposer directement un enfant qui pourrait être concerné.
Construire une définition commune du harcèlement
Le harcèlement scolaire correspond à des violences répétées, qui peuvent être verbales, physiques ou psychologiques, exercées par un ou plusieurs élèves envers une victime qui a des difficultés à se défendre. Il peut aussi se poursuivre en dehors de l’école par l’intermédiaire des téléphones et des réseaux sociaux : on parle alors de cyberharcèlement.
Je vais également préciser qu’une moquerie ou un acte violent isolé doit être pris au sérieux et traité, même si l’on ne parle pas forcément de harcèlement au sens strict. Je ne veux pas que mes élèves pensent qu’un fait n’est pas important parce qu’il ne s’est produit qu’une seule fois.
Nous parlerons aussi des différents rôles dans une situation : la personne visée, celle ou celles qui agissent et les témoins. Je voudrais que mes élèves comprennent qu’un témoin peut aider : en refusant de rire ou de relayer une moquerie, en restant auprès de l’élève concerné et surtout en prévenant un adulte.
S’appuyer sur des vidéos et des affiches
Pour préciser certains points, je vais choisir des vidéos courtes ou des affiches adaptées à l’âge de mes élèves. Après chaque support, je leur proposerai quelques questions :
- Que se passe-t-il dans cette histoire ?
- Les faits se répètent-ils ?
- Comment se sent le personnage concerné ?
- Que pourraient faire les témoins ?
- À quel adulte pourrait-il demander de l’aide ?
Les vidéos de sensibilisation et les productions du prix Non au harcèlement (ici) pourront aussi nous servir de point de départ. Je prendrai le temps de choisir des supports adaptés à ma classe et de les visionner avant la séance.
Une autre ressource, une petite vidéo très bien faite d'1 jour, 1 actu , Ensemble contre le harcèlement : ici
La littérature jeunesse, un outil précieux
La littérature jeunesse permet d’aborder cette thématique à travers des personnages et des situations qui peuvent toucher les élèves, tout en gardant une certaine distance avec leur vécu personnel.
Après la lecture, je pourrai leur demander de repérer les émotions des personnages, de réfléchir aux réactions des témoins ou d’imaginer à qui le personnage pourrait demander de l’aide.
J'aime beaucoup utiliser les albums : Rouge et Un renard dans l'école. Je te présente les albums que l'on peut utiliser en classe
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Arrête de m'embêter, pour le cycle 2
Depuis quelques temps, Sara se fait embêter par des grands à l'école. Elle aimerait bien que ça s'arrête... A qui va-t-elle se confier ? Qui va pouvoir l'aider ?
Mon exploitation : ici
Tyranono
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A partir du CE2 :
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Au début, ça se voyait à peine. C’était tellement discret que personne ne l’avait remarqué. Sauf moi. J’ai pointé du doigt les joues d’Arthur. « Eh, t’es tout rouge… » Puis tout est allé très vite. Un clin d’oeil à Paul, un coup de coude à Ronan, un gloussement de Léna, et c’est parti : tout le monde s’est mis à chuchoter en regardant Arthur.
Un album original, à hauteur d’enfants sur le harcèlement à l’école, le courage de s’opposer, la solidarité...

Mon exploitation de rouge : ici
Un renard à l'école : ici
Réfléchir ensemble à des situations concrètes
Je vais proposer quelques situations fictives pour aider mes élèves à réfléchir à la manière d’agir, sans leur demander de jouer le rôle d’une victime ou d’un élève qui harcèle.
Par exemple :
- Tu vois un camarade régulièrement mis à l’écart. Que peux-tu faire ?
- Dans une conversation en ligne, plusieurs élèves se moquent d’un camarade. Comment réagir ?
- Un ami te confie qu’il ne veut plus venir à l’école. À quel adulte peux-tu en parler ?
Je veux qu'ils comprennent qu'il n'existe pas une formule magique qui réglerait tout. Je veux surtout qu’ils retiennent qu’ils peuvent demander de l’aide et qu’ils n’ont pas à gérer seuls une situation de harcèlement.
Parler aussi du cyberharcèlement
Je vais consacrer un temps au cyberharcèlement, car les messages, les photos et les publications en ligne peuvent blesser et le harcèlement peut continuer après la journée d’école.
Je vais aider mes élèves à retenir quelques réflexes : ne pas répondre par une nouvelle attaque, ne pas partager le contenu, garder les éléments utiles et en parler rapidement à un adulte.
Je leur présenterai aussi le 3018, un service gratuit et confidentiel destiné aux personnes confrontées au harcèlement ou aux violences numériques. Il est accessible tous les jours, de 9 h à 23 h, par téléphone ou par tchat via l’application.Quelques coloriages : Dossier coloriages
Faire vivre la prévention toute l’année
Je ne veux pas que le travail s’arrête après quelques séances. Je pourrai reprendre cette thématique à travers des lectures, des débats réglés, des jeux coopératifs, des activités sur les émotions ou la création d’affiches.
Ces séances s’inscriront dans les dix heures annuelles d’apprentissage prévues par le programme pHARe pour la prévention et le développement des compétences psychosociales.
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